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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 15:41

 

Maleficium---M-Desjardins.jpg« Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Pardonnez à ces sept pécheurs victimes d’étranges maléfices, venus chercher dans le confessionnal une oreille attentive au récit de leur infortune, et implorer le salut de leur âme souillée par la curiosité et la faiblesse de la chair. Pardonnez aussi à cette femme calomniée, emmurée dans un cruel silence. Pardonnez enfin à l’homme de Dieu qui a recueilli leurs aveux et brisé le sceau de la confession en les transcrivant dans un opus à l’odeur de soufre, Maleficium.

À la fin du XIXe siècle, sept hommes partis aux confins de l’Orient et de l’Afrique croisent tour à tour la route d’une troublante créature. Pourquoi les soumet-elle aux plus inavouables tentations ? De quoi cherche-t-elle à les punir ?

En huit tableaux, Martine Desjardins compose une fresque baroque, invitant à voyager aux limites des plaisirs et de la souffrance. Une œuvre rare, parfumée de fantastique, d’exotisme et d’érotisme, portée par une langue somptueuse.



La romancière Martine Desjardins est également journaliste littéraire. Elle a remporté le prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec pour L’Évocation (Leméac, Montréal, 2005) et le prix Jacques Brossard pour Maleficium (Alto, Québec, 2009) : ce quatrième ouvrage est le premier à paraître en France.

 

 

Les apparences sont trompeuses, ce livre commence par un avertissement au lecteur, qui bien entendu fait partie intégrante de l’œuvre, nous tenons entre nos mains « un livre si dangereux qu’il avait été emmuré au fond d’une alcôve » et « Quiconque aurait la témérité de l’exhumer de ses oubliettes serait excommunié sur-le-champ sans espoir de pardon ». Nous sommes alors en conditions, prêts à souffrir les émanations sulfureuses que dégagent ce livre, prêts à en subir les conséquences, prêts à recevoir les foudres de Dieu, ou du moins de ses représentants sur terre.

 

Les apparences sont trompeuses, malgré sa forme en huit confessions, huit récits apparemment indépendants, cet ouvrage est bel est bien un roman, il forme un tout cohérent aux parties finalement indissociables si l’on souhaite en saisir toutes les saveurs, en connaître tous les parfums, en explorer toutes les facettes, en effleurer le moindre relief... C’est au huitième récit que notre lecture des confessions précédentes bénéficie d’un nouvel éclairage, les liens se retissent pour former un nouveau motif, tout est bouleversé… Le doute, le doute s’insinue… Aussi, est-il important de lire jusqu’au bout. Mais pour préserver tout le piquant de cet œuvre, je ne dévoilerais aucun passage de cette dernière parole confessée à l’oreille du prêtre. Non, je ne déflorerais pas l’ultime secret… car, s’il y a bien une chose à retenir de cette lecture, c’est qu’il faut savoir rester sobre et se contenter de peu. Alors, chut !

 

Je commencerais donc moi aussi par un avertissement :

Si vous ouvrez ce livre, lisez-le impérativement jusqu’au bout.

 

Oui, lire jusqu’au bout. Si je le précise, je vous le confesse, c’est que j’ai bien failli m’arrêter au milieu du chemin, lassée, dès le quatrième, par la structure répétitive des sept premiers récits :

 

Confession faite à un prêtre par un homme infirme, mutilé. Il raconte que cela s’est produit lors d’un voyage en Orient ou en Afrique, en quête de richesses et de gloire,…

 

Avant ce moment, je n’avais pas pleinement mesuré mon espoir d’atteindre un jour les villes verticales du désert. Et voilà que je commençais à imaginer les conséquences que leur découverte aurait sur ma propre vie. Je me voyais rentrer au pays couronné de gloire, devenir le maître d’œuvre des plus imposants édifices jamais érigés, et inscrire mon nom en lettres d’or dans le grand livre de l’architecture. (4- INCENSUM NEFARIUM, p.85)

 

… généralement parti à la recherche d’un bien précieux et des plus rares, il a rencontré une femme étrange à la lèvre fendue…

 

J’avais parlé trop vite. Car des profondeurs du sépulcre me répondit presque aussitôt une voix qui me glaça les sangs tant sa manifestation était soudaine et inattendue. Comment vous décrirais-je cette voix ? Elle était susurrante, suspicieuse, avec des inflexions sinistres qui me firent l’associer à un sifflement de serpent. (1- STIGMA DIABOLICUM, p.22)

 

 … qui a porté à sa connaissance l’existence d’un bien encore plus rare, plus noble, plus parfait…

 

« Pourquoi l’odeur du safran n’aurait-elle qu’une seule source ? La mienne ne provient pas du crocus et si vous désirez la connaître, il faudra m’accompagner aux jardins flottants. »

[…] elle avait piqué ma curiosité. Si une autre plante possédait les mêmes principes aromatiques que le Crocus sativus, n’était-il pas dans mon intérêt de m’en assurer ? (1- STIGMA DIABOLICUM, p.26-27)

 

… sous le charme duquel il est tombé en admiration totale,…

 

Comment en étais-je venu à mépriser ce que j’admirais tant quelques heures auparavant ? J’imagine que la valeur que nous attachons à un objet s’établit par comparaison, et que l’arrivée d’une curiosité encore plus rare suffit à le déprécier à nos yeux irrémédiablement. (5- OCULUS MALIGNUS, p.102)

 

… et qu’il a alors désiré posséder plus que tout, et ce malgré toute l’étrangeté de sa provenance, jusqu’à oublier tout le reste, jusqu’à en perdre tout bon sens, …

 

Ne soyez pas rebuté par les vapeurs astringentes qui s’en émanent, humez-le comme si vous cherchiez à vous en repaître… Voilà. Vous êtes déjà impuissant à vous en détourner, vous titubez, vous avez l’impression que vos sens vont bientôt vous abandonner. […] L’arôme de ce brin cramoisi, en s’insinuant en vous, n’éveille-t-il pas des pensées vénéneuses où la douloureuse douceur de la dépravation se mêle à la joyeuse amertume de la corruption ? (1- STIGMA DIABOLICUM, p.14)

[…] je me laissai subjuguer par le parfum vénéneux qui s’en dégageait. J’en gavai mes narines, ma gorge et mes poumons, je me perdis dans ce que je ne pourrais décrire autrement que comme une contemplation olfactive – un état qui gagna bientôt mes autres sens. En proie aux plus brûlantes extases, j’avais des visions exaltées, je goûtais des saveurs interdites, j’entendais des musiques profanes. (1- STIGMA DIABOLICUM, p.30) 

 

… jusqu’à être puni par où il a péché, à en être marqué définitivement jusque dans sa chair.

 

En enlevant mes vêtements, je constatai que ma peau était couverte de marques rouges partout où le fouet l’avait léchée. Je ne m’en inquiétai pas et m’enduisis généreusement de pommade avant d’aller me coucher. Le lendemain, à mon réveil, les marques ne s’étaient pas estompées. Elles étaient devenues au contraire plus foncées, presque cramoisies. Elles ne sont jamais disparues. Elles ont peint la honte sur mon visage à l’encre indélébile. (2- FLAGELLUM FASCINORUM, p.53) 

 

Certains récits sortent un peu, mais si peu, de ce schéma par de légers détails… Insuffisamment pour empêcher la lassitude, malheureusement. Sept fois quasiment la même histoire, il y a de quoi s’ennuyer ! J’en ai même lâché le bouquin pendant au moins une semaine avant de m’y remettre.  Par contre, au sixième récit, quelque chose change, la créature se rapproche… Méfiance, mon père, « Refusez-lui votre bénédiction ». Non, « Fuyez, mon père » car à la septième confession, le danger a d’ores et déjà pris place en votre église, la créature « a déjà commencé à transformer votre église en pandémonium de l’Enfer ».

 

Et nous voici à la huitième confession, bien différente, celle qui donne tout son sens à l’histoire et nous propose une autre vision des autres confessions, celle qui unit tous ces destins, celle qui est la plus intéressante mais qui serait quelque peu dépourvue d’une partie de son sens sans les autres, cette dernière confession sur laquelle je garderai le silence, je vous ai promis le secret, je m’y tiendrai… du mieux que je peux !

 

Personnellement, je ne suis pas tombée en pamoison devant l’écriture soit disant « somptueuse » de cette œuvre (cf 4e de couv.). Oui, ces pages dégagent un léger parfum de souffre, elles possèdent certes aussi un charme suranné, deux arguments auxquels je n’ai pas été totalement insensible. Cela me rappelle même les histoires du folklore autour des rencontres avec le diable ou d’autres créatures étranges, telles que j’ai pu en lire dans ma jeunesse dans des ouvrages comme « Les Evangiles du Diable » (documents rassemblés par Claude Seignolle aux éditions G.-P. Maisonneuve et Larose) ou plus récemment dans les anthologies de Claude Lecouteux (collection Merveilleux des éditions J.Corti : « Elle mangeait son linceul », « Elle courait le garou »). Ici, les récits sont à peine mieux écrits que dans les documents précités qui, eux au moins, n’ont pas de prétention littéraire. Non, là j’exagère. Disons que cette œuvre se trouve quelque part entre le récit fantastique du 19e siècle (Maupassant, Théophile Gautier, Villiers de L’Isle-Adam…) et le document, froid mais intéressant. Effectivement, j’ai trouvé ces récits très surfaits, voire scolaires, sans doute à cause du schéma répété à chaque confession, mais aussi parce que les éléments posés sur cette trame semblent tout droit sortis d’une encyclopédie ou d’un guide touristique (ce qui peut s’expliquer à la lecture du dernier récit... mais c’est un peu facile !). De plus les différents personnages paraissent totalement inexistants. Résultat, je suis restée à distance de l’histoire, et même si j’ai apprécié certaines descriptions et l’emploi d’un vocabulaire plus soutenu que d’ordinaire, je me suis vite ennuyée. Le dernier chapitre, renversant si je peux dire, ne peut pas tout sauver à lui tout seul, malheureusement. Je m'attendais à mieux après la lecture de la quatrième de couverture et de divers avis lus sur la Toile... Donc, forcément, assez déçue...


 

Merci aux éditions Phébus et à Babelio pour l'envoi de ce livre reçu à l'occasion de l'opération "Masse Critique" de septembre 2012.


 

Retrouvez d'autres critiques et citations par ICI.


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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 15:38

L'Art d'Asie : Chine, Corée, Japon de Stefano Vecchia, dans la collection Génie de l'art aux éditions Place des Victoires. 

stefano-vecchia-l-art-d-asie-chine-coree-japonLa Chine, de par l'ancienneté et le caractère exceptionnel de ses manifestations artistiques, a marqué les territoires soumis à son influence culturelle, voire à sa domination politique. Le Japon et la Corée ont néanmoins su assimiler et réélaborer ces influences. Le bouddhisme, mêlé aux prariques religieuses autochtones - taoïsme et culte des ancêtres en Chine, shintoïsme au Japon et chamanisme en Corée -, a également laissé une forte empreinte sur les traditions artistiques de cette région. La céramique, la porcelaine, la peinture et l'art du laque atteignent un niveau de raffinement incomparable.


Un glossaire, un point sur les dynasties chinoises et un focus sur la calligraphie complètent ce volume.


"Génie de l'art", une collection essentielle pour appréhender les grands mouvements artistiques, une encyclopédie visuelle à la portée de tous.

 

Cet ouvrage est une ressource photographique sur les arts asiatiques. Les oeuvres sont présentées en deux ou trois chapitres par pays - Chine, Japon et Corée. Il y a très peu de texte mais celui-ci va à l'essentiel : une brève introduction pour chaque chapitre resituant la période historique concernée, et quelques phrases explicatives qui ponctuent l'ouvrage en apportant des renseignements utiles, bien que particulièrement succincts (trop?), à la compréhension des arts asiatiques et à leur évolution.  Comme ce court passage sur le jade dans le chapitre 1-CHINE Mille royaumes à l'aube de l'histoire :

 

Le jade (Yu) joue un rôle très particulier dans la tradition chinoise. Relié à l'idée de beauté, de pureté et de quelque chose de précieux, il est employé dès le cinquième millénaire avant Jésus-Christ aussi bien dans le domaine rituel, qu'artisanal et artistique.

Des cartes nous restituent le découpage de ces pays au cours de l'histoire. Pour la Chine, nous bénéficions même d'une chronologie illustrées des différentes dynasties.

 

Ce livre est d'une grande richesse iconographique, les photographies y sont superbes et les sujets variés : architecture, sculpture, artisanat, peinture... C'est magnifique et cela constitue une intéressante première approche, ou un bref récapitulatif visuel pour ceux qui connaissent déjà, de l'histoire des arts asiatiques.

 

Pour approfondir les notions abordées ici, il y a d'autres ouvrages bien plus précis, le plus complet que je connaisse actuellement étant Les Arts de l'Asie Orientale aux mêmes éditions (mais il est très encombrant et sa manipulation peu aisée... on ne peut pas tout avoir!).

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:56

Histoire-de-l-Egypte-antique.jpg"Histoire de l'Egypte antique" aux éditions du Rocher, une production TROIS-CONTINENTS (pour la documentation).

 

Document qui retrace l'histoire de l'Egyte Antique, en trois parties:

1- "Sous le signe du vautour et du cobra, le cadre historique":
courte description de chaque période de l'Egypte Antique;

2- "Un Pharaon tout-puissant, une administration efficace, une société organisée":
l'organisation de la société du pharaon au petit peuple, présentation rapide de la façon de vivre selon le rang dans la société, très bref aperçu des métiers et de l'artisanat;

3- "L'Egypte, terre des dieux et des animaux sacrés":
esquisses des croyances religieuses, du fonctionnement du clergé, présentation concise de l'architecture sacrée, avec les temples et les pyramides, et des rites funéraires.

Un petit livret bien fait, richement illustré, très concis, mais il y manque parfois un peu de précision. Un bon survol de l'Egypte Antique, très bien pour un première approche, ou pour se remémorer rapidement son histoire.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 08:47

koala-tueur.gifNe vous y fiez pas, "leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie", les koalas sont de "sales bêtes, aussi hargneuses que stupides"... Vous n'y croyez pas? Pour vous en convaincre, il vous suffira de lire le recueil de 15 courtes nouvelles autobiographiques de Kenneth Cook, "Le koala tueur et autres histoires du bush".

 

Avec ses redoutables crocodiles, ses koalas féroces et ses cochons sauvages assoiffés de sang, l'impitoyable bush australien reste un territoire indompté. Et ce n'est pas Kenneth Cook qui aurait pu l'apprivoiser ! Cook a réuni, peu avant sa disparition, ces histoires courtes toutes plus hilarantes les unes que les autres, inspirées par ses tribulations à travers l'Australie.

D'après lui, chacune de ces quinze rencontres avec la faune sauvage s'est déroulée comme il le raconte ici, même si elles paraissent incroyables. Dépaysement garanti, dans un grand éclat de rire.

 

N'hésitez pas, avec Kenneth Cook, partez à l'aventure au cœur de l'Australie profonde et sauvage où le danger guette de tous côtés...  Et remerciez "mère Nature pour les nombreux phénomènes qu'elle nous offre" car sans elle point de récits aussi hilarants! Selon l'auteur, ces histoires seraient pourtant véridiques, bien qu'elles paraissent tellement invraisemblables. Le lecteur y apprend, non sans éclats de rire, la nature hostile de la faune locale, tel le koala, et suit le narrateur dans ses, non moins risquées, rencontres avec les populations locales et des personnages hauts en couleur. M'enfin, il faut avouer que parfois, il semble les chercher, les ennuis, dans une totale naïveté, un dévouement infini ou une inconscience sans borne, là est la question. Sans doute le plus souvent un peu des trois mais dans des proportions variées selon l'anecdote rapportée.


Bref, le lecteur appréciera certainement autant que moi ce voyage pittoresque dans l'outback australien pendant lequel le seul réel danger qu'il courra sera de mourir de rire!


 

(Je m'en suis sortie vivante, rassurez-vous. Je suis même prête à poursuivre l'aventure australienne avec les deux autres recueils qui suivent celui-ci : "La vengeance du wombat et autres histoires du bush" et "L'ivresse du kangourou et autres histoires du bush"... Je vis dangereusement, que voulez-vous!)

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 13:34

Tout-un-jour---Gil-Roc.jpgDe la porte qui s'ouvre le matin:

 

Tourbillon de noir

Ton escalier

Tourbillon d'espoir

Au sablier

 

Il heurte le couloir

Comme un bélier

Puis bientôt il m'apporte

Devant ta porte

 

Bout de l'univers

Sur l'infini

 

Ta porte s'ouvre.

 

 

à celle qui se referme le soir venu:

 

Commencement

Sur le néant

Ta porte s'ouvre.

 

Affreux tourbillon noir

Ton escalier

Tourbillon, sans espoir

Au sablier.

 

Il heurte le couloir

Comme un bélier

Comme un cheval qui rue

Il me jette à la rue.

 

 

"Tout un jour" de regards qui se fondent, de peaux qui s'effleurent, de cœurs qui palpitent, de frémissements... Courts mais sensuels et intenses poèmes d'amour.

 

 

Perles humides
Dans le matin,
Rayons fluides
Sur l'incertain

Tes baisers et les miens.

 

 

PS: "Tout un jour" se lit un peu comme un seul grand poème d'une dizaine de pages.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 12:03

La-Reine-mysterieuse-Hatshepsout.pngRessusciter une reine aussi énigmatique et si injustement diffamée que l'a été Hatshepsout, sans renoncer à la plus implacable rigueur historique, seule une Egyptologue audacieuse telle Christiane Desroches Noblecourt pouvait le tenter. L'existence secrète, semble-t-il, de cette reine, morte il y a plus de 3450 ans, et les mystères qui paraissent entourer son règne, comme la destruction de ses monuments, n'ont cessé d'intriguer les chercheurs. Ils trouveront, ici, une réponse très inattendue.

En s'appuyant sur les travaux les plus récents et, naturellement, sur les grands tableaux officiels connus (la bouleversante Théogamie, la glorieuse et fantastique Expédition au Pays de Pount ...), en rassemblant des matériaux jusque-là éparpillés, parfois inédits, en soulevant chaque pierre, Christiane Desroches Noblecourt réussit l'exploit de reconstituer, pour la première fois, la mosaïque disloquée. Déjouant les fausses pistes, elle tourne résolument le dos aux idées reçues et propose surtout une nouvelle et passionnante interprétation de certains faits historiques et religieux majeurs restés jusqu'à présent inexpliqués ou ignorés. Aussi bien pénètre-t-elle dans la secrète pensée de cette théologienne novatrice qu'était Hatshepsout, et dans le domaine, jusque-là inconnu, de sa vie privée.

De sa minutieuse et patiente enquête policière émerge l'émouvante et remarquable personnalité de la souveraine que son intelligence subtile, son esprit créateur, son courage et son indomptable volonté, mais aussi l'action de Senenmout, l'omniprésent, et la grâce d'Amon-le-Caché maintinrent sur le trône pendant plus de vingt années. Rayée de l'Histoire, mais non pas immédiatement après sa mort, et pour des raisons qui ont complètement échappé à ses commentateurs, elle devient ici l'héroïne lumineuse d'un roman unique au monde et reconquiert, définitivement, une place de premier rang parmi les plus grands souverains de l'Egypte pharaonique.

 

Souveraine de la XVIIIe dynastie tout à fait fascinante, Hatshepsout révolutionne la politique de l'époque en accédant au pouvoir suprême, traditionnellement réservé aux hommes, et surtout en adoptant tous les attributs (masculins) de la royauté. Après sa mort ses effigies, ses noms et les textes relatifs à son règne furent systématiquement détruits, pourquoi, là est le mystère sur lequel ce livre tente de lever le voile. Pour le comprendre, il faut d'abord apprendre, grâce à cet ouvrage très clair, l'histoire, la vie et l’œuvre de cette femme-pharaon.

Le passage sur les expéditions au pays de "Pount", bien que ne représentant qu'une petite partie du document, est absolument intéressant et a bien marqué ma mémoire. En voici un extrait:

 

Une grande partie des difficultés rencontrées pour localiser le pays de "Pount", jusqu'à aujourd'hui, est justement l'interprétation qui a été faite du mot "Ouadj-our". Aussi longtemps que l'on ne s'est pas avisé d'approfondir sa signification, et aussi des conditions et du rôle primordial joué par le Nil et son régime particulier, on traduisait "Ouadj-our" par "mer", puisque "Ouadj-our" signifiait "le Grand Vert" -en parallèle, nous avons en Occident "la Grande Bleue"! Les difficultés alors ont commencé lorsqu'il a été question de localiser les rares allusions au voyage vers le pays de "Pount". Je suis naturellement tombée dans la même erreur, lorsque j'écrivais en 1953 que s'il fallait passer par la mer, les voyageurs qui se rendaient à "Pount" n'avaient que deux solutions à leur disposition [...]
(ch.XI "LES PREPARATIFS - L'EXPEDITION AU PAYS DE POUNT", p.193)


Cet ouvrage est un de ceux de Christiane Desroches Noblecourt qui m'a le plus captivée, et pourtant j'en avais lu quelques uns déjà à l'époque de la sortie de celui-ci. Il est très actuel dans sa vision de cette reine d'Egypte, une femme forte et dérangeante dont les égyptiens ont essayé d'effacer jusqu'au moindre souvenir.

Un indispensable pour tout passionné d'Egypte Ancienne!

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 10:03

 

Neige M Fermine"C'était une nuit de pleine lune, on y voyait comme en plein jour. Une armée de nuages aussi cotonneux que des flocons vint masquer le ciel. Ils étaient des milliers de guerriers blancs à prendre possession du ciel. C'était l'armée de la neige."

Au Japon, à la fin de XIXe siècle, le jeune Yuko s'adonne à l'art difficile du haïku. Désireux de perfectionner son art, il traverse les Alpes japonaises pour rencontrer un maître. Les deux hommes vont alors nouer une relation étrange, où flotte l'image obsédante d'une femme disparue dans les neiges.
Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l'amour ont la fulgurance du haïku.
On y trouve aussi le portrait d'un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s'affronte aux forces de la vie.

Encres et dessins de Georges Lemoine

 

 

J'ai choisi ce livre pour la poésie, pour l'art, pour le Japon, pour le voyage, pour l'Amour, pour l'écriture que j’espérais adroite... Et s'il y a effectivement des passages d'une merveilleuse poésie :

"Ce fut un voyage vers le soleil de son cœur. La pureté du monde et de sa lumière s'offrait à son regard. En marchant lentement sur le chemin, Yuko ressentit une joie pure et étincelante. Il était libre et heureux. Il emportait pour seul bagage l'or de sa foi en l'amour et en la poésie."

ou d'une immaculée beauté :

"A trop vouloir l'aimer, il en perdit la peur de la neige. Et c'est elle qui faillit l'avaler de son amour."

et d'autres d'une sagesse toute asiatique:

"Le deuxième matin, le maître demanda à Yuko de fermer les yeux et il dit :
- La lumière est intérieure, elle est en toi. Seule la couleur est en-dehors. Ferme les yeux et dis-moi ce que tu vois.
- Maître, dit Yuko, je vois la lumière blanche de la neige.
En disant cela, Yuko eut envie de rire. C’était une belle matinée de printemps. Le soleil chauffait comme une enclume.
- C’est vrai, dit Soseki, cet hiver, il y a eu beaucoup de neige à cet endroit. Tu commences à devenir voyant."

oui, à part ces quelques bons passages et quelques charmants autres, pris isolément, globalement j'ai été déçue.

Il y a des lourdeurs :

"Elle était morte. Elle dormait sous un mètre de glace." (fin du ch.15)


immédiatement suivi de :


"Elle ne dormait pas vraiment. Elle était morte." (début du ch.16)

... On va finir par le comprendre que la morte ne dort pas!

Mais je m'emporte sur un détail. Disons simplement que quelques maladresses viennent gâcher le tableau et que j'ai décroché sur plusieurs moments de cette histoire, un peu ennuyeuse
.

Donc, rien que pour profiter des jolies phrases poétiques et l'ambiance dépaysante, c'est un livre à lire. Certes, il ne vaut pas qu'on s'y attarde trop, non plus. A lire rapidement, d'autant qu'il est très court, entre deux bons bouquins, ou par petits bouts lors des courts trajets en bus, par exemple.

Je sais, c'est presque le niveau zéro de la critique littéraire mais, comme je suis frileuse, je n'avais pas tellement envie de m'étendre sur la "Neige"...

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 21:06

 

Prédateur M Chattam

Une guerre sans nom. De jeunes soldats sauvagement mutilés dans des mises en scène effroyables. Mais l'ennemi n'est pas le coupable. Pour le lieutenant Frewin, fasciné par le langage du sang, il ne peut s'agir que d'un psychopathe, un monstre de ruse et sadisme, un prédateur cruel et archaïque qui va les décimer un par un...

 

Renouant avec la veine de sa Trilogie du Mal, Maxime Chattam nous propulse dans un vortex de terreur, imposant une fois encore son univers mystérieux et sanglant. Plus qu'un thriller, un guide de survie !

 

Le début est prometteur : un meurtre étrange, l'imminence d'un départ pour le front –c'est la guerre–, des personnages poussé dans leur noirceur par cet environnement instable et "sauvage" (c'est tout plein de testostérone là-dedans!). Ensuite, il y a des passages où, malheureusement, on devine un peu trop facilement quand et comment M.Chattam –ou son tueur– veut nous mener en bateau.


Malgré quelques regrettables longueurs et parfois trop de blabla pour exprimer et expliquer des opinions, l’idée de base est bonne. Les meurtres, la cruauté, la violence, la tension, la peur, le côté sombre de chaque être sont bien dépeints. M.Chattam sait toujours aussi bien créer l’ambiance de ses romans. Il nous décode « le langage du sang ». Nous montre l’horreur dans sa nudité, la peur palpable et la cruauté dans toute son humanité !... Il se sert de son roman pour dire la barbarie humaine et la monstruosité qui se cache en chacun de nous…

 

Dans l'ensemble, c’est un bon thriller. Il y a de la tension, des meurtres bien sanglants, des fausses pistes, des personnages ambigus et la guerre qui bouscule les règles établies... C'est d'une noirceur effrayante !


« La peur est le plus puissant des moteurs. La peur transforme les hommes. Elle peut les détruire, ou bien les rendre invulnérables. La peur dope les esprits, ou les réduit en bouillie. Elle est instrument d'asservissement, elle n'a pas de limite. Qui contrôle la peur contrôle l'homme. »


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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:13

croquis-chat_SeshetNoun_C.jpg

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 16:24

Wings

 


Milans forts sots

Mis en morceaux

En mille morts  seaux

Mi-aile en pot

 

 

 

 

 

 

Tatoué

 

 

An mil mots sots trop gros

En mille morts sceaux de peau

T’as tout a toué

 

 


© Seshet Noun

 

 

 

A vous de jouer, si vous le souhaitez (vous avez, sans doute, compris le principe). J'aurais grand plaisir à vous lire.... Amusez-vous, lâchez-vous !


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Chaos D'écritures

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  • : "Ici commence le temps de l'anarchie universelle, de la liberté ; l'état naturel de la nature, le temps antérieur au monde." (Novalis) Née du chaos primordial de la création, dans un océan d'écriture, je laisse des traces d'encre, des mots, des lignes chaotiques sur tout ce que je touche... En éternelle dilettante ! ©Seshet Noun Tous droits réservés.
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